L’école du peuple

Il y a en 12 dans Berlin, une dans chaque quartier, les Berlinois disent VHS. Les VolksHochSchule, littéralement : l’école du peuple. Ce sont des universités populaires pour les adultes. La notre est la VHS Tempelhof-Schöneberg, à 20 minutes de la maison. Leur catalogue est une liste à la Prévert, dessin, économie, littérature, histoire de l’art, cours de cuisine, yoga, environnement.

Ça ne coûte pas cher ; la fourmi en année sabbatique est inscrite à 4 cours différents (allemand, yoga, pilates et … yoga et pilates) pour une somme abordable. 4 cours de pilates en ville dans un studio branché tout en parquet et murs de briques blanches équivalent à un cours hebdomadaire de la rentrée à Noël dans une VHS. De plus, un cours de yoga en allemand va me faire progresser pour mon cours d’allemand. Elle est pas maligne ?

Il y a aussi de l’allemand pour les réfugiés, et, dans une section spécialement destinée aux femmes, un cours pour apprendre à faire du vélo. Pour celles, je suppose, qui n’ont pas pu le faire à Damas, à Gaza ou à Mogadiscio. Ça m’a épaté. Juste un moyen simple pour aller faire le marché, pour circuler dans cette ville géante, trouver un job peut-être. Penser cet apprentissage, le mettre en œuvre, c’est l’action concrète d’un état social. Loin des déclarations tonitruantes, juste un cours pour apprendre à avancer. Liberté, égalité, bicyclette.

Ça commence par un voyage en bus

Moins cher, plus confortable, moins polluant, plus lent que l’avion, c’est le moyen de transport idéal si, comme nous, vous avez du temps. Partir loin, ça dure un brave moment. Comme le chauffeur n’a pas pensé que nous allions faire exploser le bus et qu’il n’était pas non plus regardant sur le nombre de bagages excédentaires, notre départ fut serein. Loin des fouilles et des files d’attente aéroportuaires. Il faut quand même dire qu’heureusement Susanne était là pour nous aider transporter notre viatique (14 paquets de formes variées et de poids différents) de la maison jusqu’au bus. Mais comme dit Rozenn, 14 bagages, c’est beaucoup pour des vacances, mais peu pour un déménagement.

La ligne Lyon Berlin passe par Dole, Besançon, Montbéliard, Nuremberg, Bayreuth. Et peut-être d’autres villes que la passagère endormie n’a pas notées. Il faut changer à Nuremberg, sinon on va à Prague. Lors de la dernière pause, le chauffeur a pris soin de répéter son message en anglais, dont nous avons compris l’essentiel. La dernière pause dure 3 minutes. Pas remontées à temps, laissées sur l’aire d’autoroute.

Nous sommes arrivées à l’heure, au complet.

A Berlin, le chauffeur de taxi parlait français, il nous a demandé si nous en avions assez de Paris. On a dit que non, qu’on aimait toujours Paris, mais qu’on avait très envie de vivre un an à Berlin. Tout de même, contrairement à Susanne, il a demandé un supplément pour les bagages.

Voilà, ça commence par un voyage en bus, on monte deux étages, et ça y est, c’est chez nous.

Concevoir un site comme celui-ci avec WordPress.com
Commencer