Berlin plage

La plage est desservie par le métro. Si on part de la Potsdamerstrasse (le centre de Berlin), il faut prendre la ligne 1 du S-Bahn et descendre à Schlachtensee. L’arrêt est accessible en 20 minutes avec un ticket au tarif de base. Le lac est dans la même zone que le Reichtag, Alexander Platz et l’île aux musées. La plage est dans Berlin.

Mais c’est la campagne. Sur les rives du lac, de belles villas sont cachées par de grands arbres et un petit chemin permet d’atteindre la plage idéale. Le sentier est parfaitement aménagé, poubelles, toilettes et bancs. Des panneaux de signalisation apostrophent directement les citoyens, les Berliner et les Berlinerin, et demandent de ne pas déranger la faune qui vit là. Une autre signale que protéger l’eau est notre mission.«Wasser ist unser Auftrag». Nous croisons des promeneurs et des sportifs qui s’entraînent à la course à pied. Ça y est nous y sommes. C’est une toute petite crique de sable gris au milieu des roseaux. Parfait.

Des bancs de petits poissons nagent dans l’eau limpide, une maman canard est suivie par son rejeton qui n’arrête pas de vociférer. Un canard ado ? Il fait déjà chaud, l’eau n’est même pas froide. La baignade est un moment de pur délice, l’eau, le ciel : je nage dans l’azur. Je sors de l’eau en même temps qu’un tout-nu, sa compagne se laisse sécher au soleil, debout dans le plus simple appareil. Personne ne les calcule. A l’autre bout des coutumes vestimentaires, une baigneuse porte un maillot une pièce, une casquette et une toute petite pochette en plastique étanche qui lui permet de nager avec son porte monnaie. Renseignement pris, elle l’a acheté sur la toile et en est parfaitement satisfaite.

La foule commence à arriver, l’eau se couvre d’embarcations diverses. Nous sommes parties tôt et je travaille cet après midi, il est temps de rentrer. Retour par l’autre coté du lac, plus aménagé, nous croisons des cyclistes, toujours des coureurs et des familles avec enfants, vivres et bouée en plastique en forme de licorne. En se rapprochant de Mexico Platz, il y a l’inévitable Biergarten et, chouette surprise, une petite librairie où déniche un livre sur l’immensément belle Romy Schneider. La journée commence décidément très bien.

Dans le métro du retour, où le port du masque et de quelques vêtements est obligatoire, je repense à cette Freikörperkultur ou FKK, littéralement la culture du corps libre. C’est ce mouvement qui explique que j’ai déjà vu des gens complètement à poil pour un bain de soleil dans Tiergarten, à 500 mètres de la porte de Brandebourg. Imaginez vous la même chose sur le Champ de Mars ? La FKK date de la fin du 19ème siècle et vient de la Lebensreform, ces mouvements sociaux nés en Allemagne et en Suisse qui prônent le respect de l’environnement contre le matérialisme et l’industrialisation. Les nazis ont interdit, bien sûr, toutes les associations relevant de la FKK. Le culte du corps devait être völkisch, du peuple, beau mot dévoyé par l’idéologie nazie. Aujourd’hui ses adeptes adoptent un mode de vie naturel, mangent bio et ne s’achètent pas de vêtements cousus par des enfants dans une usine du Sud Est asiatique. Plutôt visionnaires donc, les premiers tous-nus.

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  1. Avatar de mamigie

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