« Sauver la planète » figure en tête de ma liste de bonnes résolutions 2020. Mais par où commencer ? Heureusement, la ville de Berlin vient d’ouvrir le Futurium sur les bords de la Spree juste en face du parlement. Nous voilà inscrites à la visite guidée ce samedi de janvier, avec une petite trentaine d’autres êtres humains qui, comme nous, se posent des questions sur demain.



La visite commence par un petit jeu. Notre guide demande de nous répartir en quatre groupes, selon que notre état d’esprit est plutôt ; le futur est prévisible / imprévisible, je suis optimiste / pessimiste. Une seule personne pour la prédictibilité de l’avenir, plein de pessimistes et pas mal de gens qui pensent que nous ne savons rien de ce qui nous attend. Nous guette ? La détresse des koalas australiens est dans toutes les têtes, parmi les autres menaces politiques et environnementales. « Je ne pensais pas que c’était si grave », glisse une dame. Surprise, une bonne partie du groupe reste constructive. Parmi eux, un jeune homme revendique sa positive attitude « même si elle disparaît demain, l’espèce humaine a fait plein de trucs pas mal, on ne pourra pas parler d’échec! » Un optimisme relatif, donc.




Dans le coin Intelligence Artificielle, voici Aila, une robote destinée à l’exploration spatiale. Ce qui explique qu’elle ait des roues à la place des pieds. C’est pour mieux adhérer au sol lunaire. Certes, mais pourquoi a-t-elle des seins ?
Passons.
A la question, aimeriez vous qu’un robot s’occupe de vous à la maison de retraite, une jeune femme répond « pourquoi pas ? Au moins, le robot a une attitude neutre et n’est jamais de mauvaise humeur ». Une solution bionique à la maltraitance ?
Quant à elle, une enseignante déclare qu’elle ne pense pas être remplaçable par un robot, car pour apprendre, il faut une relation humaine. La guide répond que lorsque nous câlinons une peluche, notre cerveau sollicite les mêmes zones que pour un vrai animal de compagnie. Une chose que l’on peut facilement apprendre aux robots, c’est de mimer les sentiments. Tricher, ultime conquête des cyborgs.

Un homme remarque que nous vivons déjà parmi les robots, puisque notre frigo en est un. Dans l’espace « nourriture », un autre petit jeu : imaginez ce que les denrées qui y sont entreposées peuvent se dire. Un petit plaisantin suggère que les tomates reprochent au fromage de sentir mauvais. La guide répond que le lot de carottes pourraient nous avertir qu’elles doivent être mangées assez vite. Des applications de partage de nourriture existent déjà sur nos téléphones : pourquoi ne pas proposer votre reste de quiche à un quidam ? Le problème, c’est que tout ceci repose sur le bon sens et existe déjà. C’est le petit coup de fil du dimanche aux voisins : « Il nous reste plein de gâteau de l’anniversaire de choupinette, venez nous aider ! »
Je suis moyennement enthousiaste.


Vient la partie qui propose des pistes, avec son cuir fait à partir de champignons et ses maisons construites en arbre. Plus le temps passe et plus vous devez monter de marches pour atteindre votre appartement ! Mais je cherche encore comment tenir ma résolution, étant donné que je ne vais pas construire une cabane dans un tilleul de Berlin, ni me faire greffer un bras élastique. Un début de piste : mon assiette.
Le combat « grillon versus vache » est sans appel : on peut consommer la presque totalité de l’insecte, avec un apport protéique proportionnellement plus élevé et de moindres besoins d’eau et de terrain. Le plus, de la nourriture en suffisance pour tous les humains. Le moins, adieu le bœuf carottes, on perd une grande partie de notre culture, et les paysans qui nous ont nourris jusque là. Vaille que vaille.


Un conte africain raconte qu’un incendie dévaste la savane. Tous les animaux fuient devant les flammes sauf le colibri, qui fait des allers-retours, un goutte d’eau dans le bec. Le roi des animaux se moque de lui. « Tu es si petit, et l’incendie est immense. Penses-tu l’éteindre avec une goutte d’eau ? ». « Je fais ma part » répond le colibri.

Le futur, c’est maintenant. Pourvu qu’il dure longtemps. Le colibri, les filles et moi vous souhaitons une bonne année 2020, mais aussi 2021, 2022, 2023, 2024, 2025, 2026, 2027, 2028, 2029, 2030, 2031, 2032, 2033, 2034, 2035, 2036, 2037, 2038, 2039…