L’homme qui ne tua pas Hitler

C’était un charpentier, il s’appelait Georg Elser. En 1938, il décida de tuer Hitler, Göring et Goebbels. Infinitésimale, la résistance allemande a pourtant existé dans toutes les strates de la société. Des étudiants, des artistes, des fonctionnaires, des militaires, des travailleurs se sont élevés contre la dictature nazie. Tous ont échoué. Georg Elser, à 13 minutes près, aurait pu réussir.

Georg Elser en 1938 (musée de la Résistance allemande, Berlin)

Après de longs et minutieux préparatifs, il a placé une bombe à retardement qui a explosé comme prévu à 20h20 le 8 novembre 1939, dans une brasserie de Munich où Hitler et les hauts dignitaires nazis tenaient une réunion, selon un horaire inchangé depuis 6 années.

Mais cette année là, pour la première fois, Hitler est parti à 20h07.

A 20h45, Georg qui tentait de passer en Suisse, a été arrête par hasard à la frontière près de Constance. Après la nouvelle de l’attentat, les nazis ont alors découvert chez lui des preuves de son implication, l’ont transféré à Berlin, torturé et déporté à Dachau. Il a été exécuté en 1945, quelques semaines avant la fin de la guerre qu’il voulait empêcher.


Adolf Hitler pendant son discours. L’engin explosif de Georg Elser se trouve derrière le drapeau, Munich, le 8 novembre 1939.

En France, Charles de Gaulle a appelé à la résistance « contre l’envahisseur et contres les traîtres ». De l’autre coté du Rhin, nul envahisseur à combattre : les traîtres étaient élus par le peuple et édictaient les lois. Il est remarquable qu’un simple citoyen, pour libérer l’Allemagne de son tyran et éviter la guerre, ait eu le courage de commettre cet attentat en montrant plus de clairvoyance que les dirigeants européens. En 1938, lors des accords de Munich, le français Daladier et l’anglais Chamberlain avaient fermé les yeux sur l’invasion de la Tchécoslovaquie, et commis la faute de transiger avec le Führer.

Les tortionnaires de Georg Elser n’ont jamais voulu croire qu’il avait agi seul. Et ont inlassablement posé la question : « pourquoi ne pas avoir déclenché la bombe plus tôt? » Georg savait que les nazis offraient une bière à tous les munichois pendant le discours, puis seulement après tenaient leur réunion entre membres du parti. Sa réponse n’a jamais varié : « Je voulais éviter un bain de sang ».

réunion du parti nazi à Munich, dans le lieu de l’attentat

Il y a 80 ans exactement, Georg Elser, charpentier devenu terroriste soucieux du sang versé, n’a pas pu empêcher la seconde guerre mondiale.

A 13 minutes près.

Georg Elser, 1938

Mémorial de la résistance allemande : www.gdw-berlin.de

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